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m-à-j: 01.11.2008
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  Voici une courte biographie de la fanfare. L'historique complet est retracé dans un livre publié pour notre centième anniversaire. Un très grand merci à Gisèle Sommer qui s'est dépensée sans compter pour ces recherches.  

 

       

 

Avant 1904 :

Aussi longtemps que l’on se souvienne, les gens d’Alle, en vrais Ajoulots, se sont toujours montrés très conviviaux, intéressés par la vie en société, les fêtes et les bons repas agrémentés de danses et de chansons, les palabres passionnées en buvant des verres, les réunions politiques et autres, les sorties joyeuses, les voyages.

Il n’est donc pas étonnant que le village compte actuellement plus de 20 sociétés, la plus ancienne connue à ce jour étant «la société de musique d’Alle» fondée en 1874.

Dès le début, elle se compose de membres très attachés à leurs convictions religieuses face aux schismatiques du Kulturkampf.

Les difficultés ne manquent pas en cette fin de siècle, mais nous y trouvons aussi bien des joies et des satisfactions. Il en est ainsi lorsqu’elle reçoit d’autres sociétés amies ou participe à des réceptions et autres banquets lors de manifestations locales. Elle accompagne aussi le choeur d’église dans les messes chantées, en particulier à la fête de Sainte Cécile.

En 1896, elle inaugure sa première bannière et l’année suivante, se fait photographier.

Elle organise des fêtes et tombolas pour alimenter sa caisse.

Au début du siècle, la société se porte bien. Elle est neutre politiquement et ses membres semblent bien s’entendre.

Mais en 1904, par suite des différends politiques et autres, la société est dissoute le 20 mai.

Deux nouvelles fanfares se constituent, la Fanfare «l’Avenir » le 4 juin et la Fanfare « le Grütli » le 14 août.

Désormais, les «rouges» et les «noirs» ne jouent plus ensemble.

 

     
       
 

Dès 1904

Le 14 août 1904, une poignée de jeunes libéraux, vaillants musiciens fondent une fanfare et lui confèrent le nom de «Grütli» par amour et fierté pour leur pays.

Les moyens financiers sont réduits et ce n’est qu’au prix de gros sacrifices que le Grütli vit et prospère.

A cette époque, la discipline est sévère. Tout retard à la répétition est sanctionné d’une amende de 50 cts.

Malgré les difficultés, un premier drapeau est inauguré l’année suivante. Il porte la devise «Travail, Progrès, Amitié». Il cédera la place à un deuxième en 1921, un troisième en 1971 et finalement un quatrième en 1993.

Les uniformes n’apparaîtront qu’en 1923, remplacés en 1949, puis en 1973. Ces derniers pleins de prestance, auront un énorme succès à l’inauguration et dans les cortèges et défilés. Ils sont en effet la copie conforme de ceux du 2ème régiment d’infanterie de ligne en service sous Louis-Philippe: tunique rouge rehaussée d’épaulettes et de boutons dorés, pantalon vert à bandes or, shako noir de geai surmonté d’un pompon blanc. Un 4ème uniforme, plus léger, sera revêtu lors des concerts en salle, dès son inauguration le 29 juin 1993.

Membre de la Fédération des Fanfares Libérales d’Ajoie créée en 1922 et de la Fédération Jurassienne de musique, le Grütli va de l’avant. Il se distingue tout particulièrement en remportant une frange or au concours de musique de St-Imier en 1922. Quatre ans plus tard, il renouvelle ce succès à Tavannes, puis au Noirmont en 1927. Au vu des résultats, le Grütli s’exporte, donne plusieurs concerts en France voisine. En 1938, forte de 46 musiciens, la fanfare est reçue par la ville de Besançon et le Consul Général de Suisse. Elle se produit en plein air au monument aux morts et aux hôpitaux de la ville, devant une foule conquise.

A cette époque, le local de répétitions se situe à la «beurrerie». L’activité se poursuit ainsi jusqu’à la deuxième guerre mondiale, pendant laquelle l’animation sera mise en sourdine.

L’après-guerre verra chacun manifester « un enthousiasme sans cesse croissant ». Suite à ces années terribles, les musiciens sont heureux de se retrouver et de pratiquer leur art. Ils sont ambitieux, au service de la musique ; ils donnent à nouveau de nombreux concerts en Suisse et à l’étranger, se déplacent entre autres à Milan en 1948, dans cette ville si cruellement meurtrie par les affres de la guerre.

Le local de répétitions situé dans une salle de restaurant devient trop exigu. La décision est prise de construire son «chez-soi». En 1966, les musiciens ont ainsi la joie et la fierté de posséder leur local. Il sera agrandi en 1978 et 1998, devenant la maison des musiciens du Grütli.

Le recrutement de jeunes membres est primordial. Une section de cadets ayant pour but l’enseignement du solfège et de la technique instrumentale est mise sur pied. De nombreux instrumentistes issus du groupe des Cadets renforceront les différents registres de la fanfare. Dès 1969, cette jeune phalange, formée de garçons et de filles éprouvant le besoin et surtout le plaisir de faire de la musique, prend un essor tout particulier. Elle fait la fierté des anciens, mais surtout, perpétue la musique de cuivre au fil des générations naissantes. Ces cadets produisent des musiciens remarquables et remarqués. Plusieurs sont champions jurassiens de solistes et même vices-champions suisses en différentes catégories.

Grande innovation en 1967 avec l’entrée d’une femme dans les rangs de la fanfare. Le Grütli compte parmi les premières sociétés à ouvrir ses portes à la gent féminine, sur le plan régional, cantonal et même romand. Cette ouverture à la gent féminine se poursuit; le Grütli continue sur sa lancée en mettant «une présidente à sa tête» dès le 15 janvier 1982 jusqu’au 20 janvier 1984. Là également, c’est une grande première à laquelle peut prétendre le Grütli sur le plan romand! Actuellement la représentation féminine représente un tiers de l’effectif.

Le 75ème anniversaire fut fêté avec un faste tout particulier afin que ces journées de liesse restent marquées au plus profond des coeurs.

Durant le dernier quart du siècle passé, l’activité générale se poursuit, grandissante : séminaires, lotos et concerts annuels, fêtes de la bière, soupers, soirées récréatives et autres pique-nique, participation à des manifestations locales et régionales (Fête des Mères, Fête-Dieu, Festival, Expo-Ajoie, réceptions, anniversaires, concerts aux malades ou aux personnes âgées etc.).

Inédit jusqu’alors, dès 1985 et durant quelques années, la fanfare est conduite par une directrice. C’est là une première dans tout le Jura.

1989 : année importante non seulement par l’animation des plus fécondes (une vingtaine de manifestations), mais surtout l’organisation du Festival des Fanfares Libérales d’Ajoie. On récidive en 1997.

Les vétérans ne sont pas oubliés. Ils sont nombreux à recevoir la médaille internationale pour 60 ans de musique. Record des records en 1998, Henri Meyer (dit Rico) est honoré pour 75 ans d’activité musicale. Une telle fidélité au Grütli mérite l’admiration et le respect de tous.

2001 compte tout particulièrement pour le Grütli. Il se présente pour la première fois à un concours fédéral qui se déroule à Fribourg et y remporte un troisième rang en troisième catégorie. C’est là un résultat dont il est en droit d’être fier et qu’il n’est pas prêt d’oublier.

La devise choisie par le Grütli à la fondation est sans cesse appliquée dans les rangs. Aujourd’hui comme hier, ce précepte «Travail, Progrès, Amitié» trouve encore toute sa valeur face aux aspirations de ses membres.

2004, année du «centenaire du Grütli» verra se déployer un faste hors du commun à Alle. De nombreuses manifestations sont en préparation. Elles jalonneront l’année entière et créeront, par leur diversité, (musique, humour, rétrospectives etc...) une animation incessante dont les «Cras» (=Corbeau en Patois qui désigne les habitants d’Alle) se souviendront très...très...très longtemps !

 
     
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